LES CANCERS PROFESSIONNELS

DANS

LA REPARATION NAVALE BRESTOISE

*****

J.P. ALEXANDRE1 , B. LEGOUX1 , L.P. HUBERT2,

M. BOUTOUX1, M.C. MAILLARD3

 

COLLOQUE MER & SANTE BREST 21 septembre 2001

 

1. Médecin - Arsenal de Brest

2. Médecine du Travail Interprofessionnelle – Brest

3. Médecin Inspecteur Régional du travail – Quimper

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Ce travail est le fruit d’une collaboration :

- entre médecins généralistes et médecins de prévention,

- entre médecins conseils de la Défense, de la C.P.A.M. et médecins de l’inspection du travail,

dans l’environnement industriel de l’arsenal et du port de commerce de Brest.

Il est divisé en deux parties :

- une étude épidémiologique descriptive des cancers (1998, 1999 et 2000) et des spécialités professionnelles concernées.

- des mesures de prévention lors des travaux d’exposition à l’amiante.

 

  • PREAMBULE

  • La réparation et la construction navales dans la Région brestoise sont essentiellement implantées sur deux sites : l’Arsenal Militaire et le Port de Commerce.

    L’Arsenal et la DCN sont depuis quelques années ballottés par les idées nouvelles des décideurs politiques et la Délégation Générale de l’Armement. Il est vrai qu’en France, une cloison étanche séparait la construction militaire de la construction civile. Ceci est apparu comme une source de gaspillage due en grande partie aux différents statuts des personnels et à la nécessité de préserver la confidentialité des systèmes d’armes intégrés dans les navires militaires.

    Progressivement, une nouvelle répartition des tâches est intervenue, visant à séparer différents concepts tels que l’étude et la réalisation de la plate-forme propulsée, l’intégration des systèmes d’armes, les essais logistiques, les entretiens programmés ou accidentels. Mais depuis les années 1990, la mutation de la DCN est en marche. Les relations entre la DCN et la Marine, client quasi exclusif, changent, pour devenir des relations de fournisseur à client, de plus en plus exigeantes sur les plans financiers et industriels.

    Cette mutation se fait au prix fort pour l’emploi puisque les effectifs, qui atteignaient 8000 ouvriers dans les années 1970 ont chuté de moitié en 30 ans pour avoisiner une moyenne de 4500 dans la dernière décennie.

    Selon les chiffres donnés par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Brest, et les travaux de Marc GAREAU en 1981, le nombre de salariés travaillant dans la réparation navale civile a également chuté de moitié dans les mêmes périodes, puisqu’il est passé de 1500 dans les années 1970 à 600 actuellement.

     

    Le Port Civil de Brest dispose de 3 formes de radoub ainsi que de 5 quais de réparation, lui permettant d’accueillir tous les navires de commerce existant actuellement dans le monde.

    Mais la crise de 1973 a eu des effets néfastes qui, ajoutés au manque de diversification, aux conflits sociaux fréquents, aux prix élevés, à la concurrence avec les pays en voie de développement, ont abouti à la fermeture des AFO en 1985.

     

    Les noms de DUBIGEON dans les années 50, puis les AFO en 1969, les ARNO en 1985, le groupe MEUNIER et la SOBRENA à partir de 1987 évoquent des entreprises chères aux Brestois.

    40 à 50 navires sont pris en charge tous les ans : pétroliers, méthaniers, ferries, navires divers, mais aussi plate-formes pétrolières.

    C’est dans ce milieu industriel brestois, à la fois civil, militaire et maritime, de la réparation et de la construction navales que nous nous sommes intéressés aux hommes et aux cancers professionnels qu’ils ont déclarés et qui ont été reconnus depuis les trois dernières années 1998, 1999 et 2000.

     

    PREMIERE PARTIE

    ETUDE EPIDEMIOLOGIQUE DESCRIPTIVE

    (1998, 1999 et 2000)

    MÉTHODOLOGIE

    Grâce à l’obligeance de la CPAM et de la DCN, nous avons pu collecter les renseignements cliniques et professionnels concernant les emplois et les expositions des ouvriers civils des chantiers et des ouvriers de l’arsenal militaire.

    C’est donc une étude descriptive très partielle, incomplète et certainement imparfaite, limitée dans le temps, qui contribuera à situer le problème des cancers professionnels à Brest.

    GÉNÉRALITÉS

    Pour qu’elle soit prise en compte et donc indemnisable, une maladie cancéreuse d’origine professionnelle doit avoir été contractée selon des conditions particulières définies dans des tableaux créés et modifiés par décret, ou avoir eu l’agrément du comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles.

    Ils sont numérotés par ordre chronologique.

    En France, 14 substances ou groupes de substances sont reconnus carcinogènes pour l’homme en milieu professionnel. PAIRON, dans son ouvrage sur les cancers professionnels, estime que sur 240 000 nouveaux cas de cancers recensés en France chaque année, 4800 à 19 200 seraient attribuables aux cancers professionnels.

    En France le nombre de cancers professionnels reconnus et indemnisés reste aux environ de 150 à 200 cas par an.

    Sans rentrer dans les difficultés d’appréciation du nombre de cas de cancers professionnels en France, nous avons donc orienté nos recherches sur les cancers professionnels énumérés dans les 17 tableaux du régime général :

    - leucoses, cancers broncho-pulmonaires, sarcomes osseux, cancers de vessie, cancers cutanés, angiosarcomes du foie, mésothéliomes, cancers de l’ethmoïde, glioblastomes.

    C’est ainsi que nous avons pu retenir 35 dossiers de cancers professionnels dans la construction et réparation navale à Brest, pris en compte et acceptés par le régime général ou le service des pensions des armées de la Rochelle, durant les années 1998, 1999 et 2000.

     

    RÉSULTATS

    Parmi les 35 cancers retrouvés nous avons, bien sûr, étudié le type de tumeur et la nature de l’agent responsable, la profession de l’ouvrier au moment de la déclaration de sa maladie, sa position sociale, son âge et la durée d’exposition aux produits cancérigènes.

    Les facteurs addictifs, tels qu’alcool et tabac sont plus difficilement

    exploitables dans nos dossiers.

    Les types histologiques des cancers, leur localisation anatomique et l’association éventuelle à des plaques pleurales, lorsqu’il s’agit d’exposition à l’amiante, compléteront cette description de la pathologie professionnelle concernée.

     

    I - NATURE DES CANCERS DÉCLARÉS EN 1998, 1999, 2000

    * Les tumeurs sont essentiellement pleuro-pulmonaires

    - 26 cancers broncho-pulmonaires

    - 8 mésothéliomes pleuraux

    - 1 cancer de l’ethmoïde

    Malheureusement nous n’avons pas pu comparer ces chiffres à ceux du nombre des cancers déclarés dans la population générale du bassin brestois.

    * Parmi les nuisances professionnelles responsables, l’amiante est le carcinogène le plus fréquemment rencontré.

    - 33 fois l’amiante (tableau 30 ou 30 bis)

    GOLDBERG dans un bulletin épidémiologique hebdomadaire de 1999 estimait que 5 à 10 % de tous les cancers du poumon sont dus à une exposition professionnelle à l’amiante et qu’il en est de même pour 80 % des mésothéliomes.

    - 1 fois le brais de houille (tableau 16 bis)

    mais cet ouvrier avait également 8 ans d’exposition aux poussières d’amiante.

    - 1 fois le bois (tableau 47)

    Les cancers des sinus de la face sont rares, selon HAGENOER ils constituent 0,5 % de l’ensemble des cancers.

    L’amiante était très utilisée dans la construction navale au temps de la propulsion vapeur : on la retrouvait dans la protection thermique des chaudières, des turbines, des turbo alternateurs et des circuits véhiculant la vapeur.

    Ce type d’installation a perduré sur les bâtiments de combat jusqu’en 1975, les vitesses et les puissances réclamées ne pouvaient être obtenues, à l’époque, que par des installations vapeur de forte puissance donc dégageant beaucoup de chaleur.

    Puis sont arrivées les technologies du diesel et de la turbine à gaz qui ont permis d’abandonner la protection thermique amiantée, les produits de substitution se sont développés : laine de verre, laine de roche, fibre céramique.

    En dehors des installations de propulsion, l’amiante était également retrouvée dans des panneaux ignifugés type MARINITE, dans des joints d’étanchéité type KLINGERITE, dans les garnitures de freins électromagnétiques, les fibrociments, et bien sûr, les protections passives des soudeurs ou des travailleurs exposés aux fortes chaleurs.

    Certaines professions étaient donc spécifiquement exposées aux poussières d’amiante. Mais les chantiers de réparation et de construction navale étant particulièrement complexes et les travaux étant réalisés dans des locaux exigus, voire dans certains cas, confinés, les ouvriers de différentes spécialités travaillant au même moment dans un même espace, ont pu être contaminés simultanément.

     

    II - PROFESSIONS CONCERNÉES

    Tous les cancers concernaient des hommes ; il est vrai que, traditionnellement, la réparation navale est un métier d’homme, même si certaines spécialités se féminisent.

    Tous les cancers concernaient des ouvriers, à l’exception d’un ingénieur électricien et d’un cadre, atteints tous les deux de cancer pulmonaire.

    Les 26 cancers broncho-pulmonaires se rencontrent :

    - pour les 25 cas d’origine amiante, chez :

    * 7 métiers de la tôle et des tuyaux,

    3 charpentiers-tôliers

    2 chaudronniers (1 tuyauteur, 1 tôlier-électricien)

    * 6 métiers de l’électricité, électronique

    * 5 mécaniciens et ajusteurs mécaniciens

    * 7 divers : fondeurs(2), caréneur, appareilleur, manœuvre, ajusteur artillerie, ex-fusilier marin.

    - pour le brais de houille : il s’agissait d’un mécanicien sur engins de chantier pendant 29 ans.

    Les 8 mésothéliomes pleuraux ont été notés chez :

    * 2 ajusteurs-mécaniciens

    * 1 calorifugeur

    * 1 mécanicien

    * 1 électricien

    * 1 ajusteur-torpilles

    * 1 spécialité non retrouvée

    Le cancer de l’ethmoïde était attribué au travail du bois chez un menuisier.

    - Les métiers de la tôle et des tuyaux sont donc particulièrement exposés. Ce sont ces ouvriers qui enlèvent ou posent les matelas isolants en amiante ; qui protègent les matériaux par des plaques en amiante, lors des opérations de pointage; qui interviennent sur les joints de "  bouchons de trous d’hommes "; qui travaillent dans les chaufferies à bord, dans les vases clos des chaudières ou sur les échangeurs isolés grâce à des produits amiantés.

    - Les électriciens (certains sont devenus électroniciens durant leur carrière) ont oeuvré sur les joints de presse-étoupe, et joints de flasques, les garnitures de friction, les freins électromagnétiques, les cloisons de disjoncteurs en fibrociment, les cloisons en Marinite.

    - Les ajusteurs ont travaillé dans les salles des machines, ont découpé et ajusté des joints contenant de l’amiante.

    - Les artificiers revêtaient des gants en amiante pour la manipulation des objets chauds (obus).

    - Les appareilleurs et les manœuvres étaient directement exposés lors de la manipulation des matelas en amiante au moment des poses et déposes à bord et lors des frottements des chaînes de palans sur les calorifugeages des tuyauteries.

    Mais quelle que soit la profession, tous les auteurs signalent la très grande latence entre l’exposition au risque et l’apparition du cancer, pouvant aller jusqu’à 50 ans, rendant parfois difficile la reconstitution de l’historique de la carrière (surtout dans la réparation navale civile) pendant laquelle les expositions à des produits toxiques ont pu être multiples.

     

    III - POSITION AU MOMENT DE LA DÉCLARATION MALADIE

    PROFESSIONNELLE

    -Lors de la déclaration de la maladie professionnelle

    * Parmi les sujets atteints de cancers bronchiques (amiante et brais de houille)

    7 sont en activité, 19 sont en retraite

    * Tous les sujets atteints de mésothéliome sont en retraite.

    * Le menuisier atteint de cancer l’éthmoïde est en retraite

    - L’age médian de survenue des cancers broncho-pulmonaires dans la population générale est de 50-70 ans. Dans notre étude des 26 cancers broncho-pulmonaires on retrouve ces mêmes âges :

    Ages <50 ans 51-60 61-70 >71

    cancer BCP

    _______________________________________________________________

    Nombre 2 8 10 6

     

    Le plus jeune avait 45 ans. Le plus vieux avait 86 ans.

    - En ce qui concerne les 8 mésothéliomes pleuraux, les âges extrêmes étaient de 62 et 83 ans.

    Age 60-70 71-80 >80

    __________________________________________

    Nombre 4 2 2

     

    Dans le bulletin de cancérologie de 1998 RUFIÉ décrivait l’âge moyen du patient à 60 ans lors de la découverte du mésothéliome.

     

    - Le cancer de l’éthmoïde à été déclaré chez un menuisier de 87 ans.

    La littérature signale un âge de survenue de ce type de cancer de 30 à 85 ans avec un pic de fréquence à 50-60 ans.

    Selon les études de GOLDBERG, ce sont les générations qui ont commencé leur vie professionnelle autour de 1950 qui ont été le plus massivement exposés à l’amiante en France. Ceci correspond bien aux âges de nos cancéreux brestois.

     

     

    IV - DURÉE D’EXPOSITION AUX TOXIQUES

    Si les personnes exposées à l’amiante commencent à développer un cancer broncho-pulmonaire principalement après 10 ans d’exposition, ceux qui sont victimes de mésothéliome sont plus rapidement atteints, 2 l’étant en moins de 5 ans d’exposition.

    Durée en an. 0-4 5-10 11-20 21-30 31-40 41-50 ___________________________________________________________________

    25K BCP 2 4 9 7 3

    ___________________________________________________________________

    8 MESOTH. 2 1 2 1 2

    ___________________________________________________________________

    1 Brais 1

    ___________________________________________________________________

    1 BOIS 1

    ___________________________________________________________________

    TOTAL 2 3 6 11 9 4

     

    Il semble exister une différence dans la durée d’exposition à l’amiante pour les cancers bronchiques, entre les ouvriers des chantiers civils et de la DCN.

    L’exposition moyenne :

    - Pour les civils est de 25 ans avant l’apparition du cancer.

    - Pour les ouvriers de la DCN, elle est de 32 ans.

    Même si les degrés d’exposition ne sont pas connus, même si les dossiers ne renferment pas de résultats de dosages de corps asbestosiques dans le lavage broncho-alvéolaire (sauf dans un cas), on pourrait évoquer, mais avec prudence :

    - des conditions de travail plus difficiles dans les chantiers navals civils

    - un départ en retraite plus précoce chez les ouvriers de la DCN grâce

    aux "  annuités de travaux insalubres ".

    - des travaux parmi les plus pénibles confiés par la DCN à la sous traitance.

    - une surveillance professionnelle et médicale plus difficile dans une population civile plus mobile géographiquement et professionnellement.

    - une coactivité difficile à maîtriser à bord de bâtiments civils plus anciens et parfois moins bien entretenus.

    A ces conditions de travail pénibles peuvent se surajouter d’autres facteurs favorisants plus personnels, il s’agit de l’alcool et du tabac.

     

     

    V - LES FACTEURS ADDICTIFS

    - L’alcool

    L’alcoolisme n’est qu’exceptionnellement mentionné dans les dossiers d’expertise. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas ...

    Il s’agit d’une région où l’alcoolisme sévit encore à l’état quasi endémique et d’une population au tempérament rustique réputée ne pas être des plus sobres.

    - Le tabac

    Selon certains auteurs, 85 % des cancers broncho-pulmonaires peuvent être attribués à la consommation de tabac.

    Mais outre le caractère cancérigène direct du tabac, celui ci potentialise l’effet cancérigène de l’amiante.

    Madame QUOIX estime en 2000 que chez un fumeur exposé à l’amiante le risque relaté est de 53 fois celui du non fumeur et le risque relatif associé à l’exposition à l’amiante est de 4 à 5 par rapport à un non fumeur non exposé.

    Mais contrairement à ce qui se passe pour le cancer broncho-pulmonaire, le tabac ne joue pas de rôle dans la survenue du mésothéliome (MUSCAT et WYNDA en 1991).

    L’étude de nos dossiers n’a pas permis de tirer des conclusions fiables quant au tabagisme des ouvriers, la relation au tabac étant très mal signalée.

    Pour les 26 cancers broncho-pulmonaires :

    1 est non fumeur

    8 sont signalés fumeurs

    9 sont ex-fumeurs

    8 dossiers ne signalent pas le tabagisme

    Pour les 8 mésothéliomes :

    1 est non fumeur

    2 sont des ex-fumeurs

    1 est fumeur

    4 dossiers ne mentionnent pas le tabagisme

    Pour le cancer de l’ethmoïde :

    Le dossier ne mentionne pas le tabagisme

    Si le tabagisme est difficilement exploitable dans les expertises cliniques de nos patients, les types histologiques des cancers sont mieux précisés.

     

    VI - TYPES HISTOLOGIQUES DES CANCERS

    Histologiquement, il existe 4 types de cancers broncho-pulmonaires.

    - Sur les 25 cancers broncho-pulmonaires dus à l’amiante il est noté :

    - 12 carcinomes épidermoïdes. C’est aussi les cancers broncho-pulmonaires les plus répandus en France puisqu’ils représentent 60 % des cas.

    - 9 adénocarcinomes (15 % en France)

    - 3 carcinomes à petites cellules (20 % en France)

    - 0 carcinomes à grandes cellules (5 % en France)

    - 1 cancer d’étiologie non précisée

     

    Il est actuellement admis que le type histologique de cancer pulmonaire n’a pas de valeur pour établir une relation avec l’amiante.

    - Le cancer par brais de houille était un épidermoïde

    - Les 8 mésothéliomes

    Ils se présentaient comme des pleurésies dont le diagnostique étiologique nécessite toujours une biopsie-cytologie.

    Les types histologiques (épithéliaux, sarcomatoïdes ou mixtes) n’ont pas été retrouvés dans nos dossiers.

    - Le cancer ethmoïdal était un adénocarcinome

    Il est classique d’affirmer que dans le travail des bois durs, exotiques, riche en tanin, et des bois des feuillus plus que des conifères, les fines particules facilement inhalables ralentissent les transports muco-ciliaires et provoquent une métaplasie de l’épithélium.

    Au niveau des fosses nasales on retrouve des épithéliomas épidermoïdes, tandis que dans les sinus il s’agit plutôt d’adénocarcinomes.

    Ces différents cancers professionnels dont aucun n’a été découvert en surveillance médicale post-professionnelle, ne présentent aucun caractère clinique particulier.

     

    VII - LOCALISATION DES CANCERS ET DES MÉSOTHÉLIOMES

    Certains auteurs ont décrit la prédominance des tumeurs au niveau des lobes inférieurs pulmonaires chez les sujets exposés à l’amiante, évoquant les caractères physiques des particules contaminantes, leur concentration dans l’atmosphère, le débit inspiratoire et les zones de stase ou de turbulence que sont les bifurcations bronchiques.

    Nous n’avons pas retrouvé dans notre étude de localisation préférentielle :

    - Parmi les 26 cancers pulmonaires :

    13 atteignaient le poumon droit

    11 atteignaient le poumon gauche

    2 n’avaient pas de localisation précisée

    11 se situaient dans le lobe supérieur

    9 dans le lobe inférieur

    3 à l’étage moyen

    3 étaient sans précision

    - Parmi les 8 mésothéliomes

    4 sont à gauche

    3 sont à droite

    1 côté n’est pas précisé

    Enfin, notre dernier pôle d’intérêt pour l’étude des dossiers cliniques de nos ouvriers atteints de cancers professionnels s’est situé au niveau des plaques pleurales.

     

     

    VIII - PLAQUES PLEURALES ET CANCERS

    Dans certains dossiers nous avons noté la présence de plaques pleurales associées aux lésions des cancers broncho-pulmonaires et aux mésothéliomes :

    - Dans 9 cas sur 25 pour les cancers

    - Dans 3 cas sur 8 pour les mésothéliomes

    Le cancer par brais de houille, malgré une exposition de 8 ans à l’amiante n’avait pas de plaques pleurales.

    En fait la littérature rapporte des associations possibles cancers pulmonaires - plaques pleurales, qui lorsqu’elles existent, témoignent bien sûr d’une exposition à l’amiante, mais aucune filiation n’existe entre la fibrose pleurale bénigne et les cancers ou mésothéliomes.

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    Ainsi donc, sur les 35 cancers professionnels reconnus dans la construction et la réparation navales brestoise durant les années 1998, 1999, et 2000, 33 sont imputables à l’amiante.

    L’emploi de ce matériau naturel, très utilisé dans le milieu naval jusqu’en 1980 du fait de ses propriétés de résistance à la chaleur et d’isolant, n’a été que récemment (1er JANVIER 1997) interdit d’utilisation.

    Cependant quelques exceptions d’emploi, limitées certes, sont examinées annuellement, lorsqu’il n’existe pas de produit de substitution moins dangereux pour le travailleur et plus sûr d’utilisation.

    Et si les bâtiments nouvellement construits ne contiennent maintenant que très exceptionnellement de l’amiante, d’autres, plus anciens, nécessitent avant et pendant les travaux de réparation à bord, une évaluation des risques concernant les agents cancérigènes, une nouvelle organisation des méthodes de travail, des équipements nouveaux, une formation et une information des personnels et une surveillance médicale accrues.

     

    DEUXIEME PARTIE

    MESURES

    DE PREVENTION

     

    LA REPARATION NAVALE BRESTOISE

     

    A - DIVERSITE DES LIEUX

     

    La réparation navale brestoise s’exerce dans deux sites principaux

    - le port de Brest et

    - l’arsenal de Brest possédant lui-même deux sites différents,

    . l’arsenal principal pour ce qui concerne les bâtiments de surface et

    . le site de l’île longue pour les sous-marins lanceurs d’engins.

     

    Le PORT de BREST

     

    Premier chantier de réparation navale français, ce site dispose de 3 formes de radoub dont l’une est très peu utilisée, les 2 autres permettant l’échouage de bâtiments de 280 000 tonnes (332m x 52m) et 550 000 tonnes (420m x 80m).

    Son activité qui s’exerce pour les 2/3 à l’export, représente en moyenne 450 000 heures de travail pour une prise en charge de 40 à 50 navires par an.

    En période de forte activité, le personnel est composé de 250 CDI, 150 personnels des entreprises sous traitantes et environ 200 intérimaires.

     

    L’ARSENAL de BREST

     

    Comportant 2 sites dont l’un s’étend sur près de 5 km, l’arsenal militaire possède 11 bassins dont 2 sont situés à l’île longue.

    L’activité " réparation navale " a représenté 2.270.000 heures de travail en 2000

    Les activités de réparation navale sont effectuées en majorité au profit des bâtiments de guerre de la marine nationale. Au cours de l’année 2000, 1250 ouvriers d’état et 380 personnes appartenant à des entreprises sous traitantes ont participé à des travaux de réparation navale sur environ 35 navires.

     

     

    B - MULTITUDE DE SITUATIONS

    L’activité de la réparation navale brestoise s’exerce donc dans de nombreux sites. Les situations de travail pouvant exposer au risque d’inhalation de poussières d’amiante sont encore multiples mais tendent cependant à se limiter compte tenu d’une part du remplacement progressif des produits amiantés par des produits de substitution non amiantés et d’autre part de la mise en place de moyens de prévention adaptés. Il n’en reste pas moins que les médecins du travail doivent rester vigilants.

     

    L ’AMIANTE A BORD DES NAVIRES EN REPARATION

    La première question posée est :

    Existe-t-il ou non à bord des matériaux à base d’amiante ?

     

    A - POUR LES NAVIRES DE COMMERCE

    Une réunion de sécurité, rassemblant à bord du navire : le bord, l’armement, le chantier et la société de sécurité, permet de poser le problème AMIANTE.

    Il y a interdiction formelle de toucher aux calorifugeages avant qu’ait eu lieu une inspection globale du navire par une entreprise spécialisée.

    En cas de doute, des prélèvements sont adressés à l’Institut Pasteur de LYON qui répond en 24 à 36 heures.

    A l’issue une décision d’enlèvement ou non-enlèvement est prise. Tout ce qui est susceptible d’être source d’émission de fibres d’amiante sera enlevé lors des interventions programmées.

    Préalablement aux travaux est projeté du surfactant (imprégnant amiante 32-60). Ce produit est une composition à base de polymères qui pénètre et imprègne rapidement en profondeur tous les types d’amiante. Les fibres ainsi liées entre elles, les risques associés aux fibres en suspension dans l’air sont réduits lors des interventions de démantèlement.

     

    B – POUR LES BÂTIMENTS DE GUERRE

    Les Indisponibilités Pour Entretien et Réparation (IPER) des navires de la marine nationale sont en général prévues plusieurs mois à l’avance. De plus les " réparateurs " sont le plus souvent les constructeurs, ce qui facilite le recensement des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante.

    La plupart des bâtiments de guerre possèdent donc une cartographie " amiante " réalisée par DCN (concepteur du navire) qui effectue un inventaire le plus exhaustif possible.

    Avant IPER, la cartographie est doublée d’un recensement portant sur les calorifugeages, flocages, faux plafonds, ainsi que sur les sols vinyles et tout ce qui est visible. Ce recensement est réalisé par un organisme agréé (Bureau Véritas, Qualiconsult) et permet la classification des locaux après inspection et analyse éventuelle de certains matériaux.

    En cas de nécessité, les mesures d’empoussièrement et les travaux d’enlèvement sont confiés par le chantier (atelier des gréements) à la Société ISOTHERMA, les prélèvements étant effectués par l’APAVE et les analyses ou les comptages par le Laboratoire d’Etudes des Matériaux (LEM) situé à SAVERNE en Alsace.

     

     

    NATURE DES TRAVAUX

     

    Activités de fabrication et de transformation de matériaux contenant de l’amiante

    Si aucune activité de fabrication ou de transformation de matériaux contenant de l’amiante n’est pratiquée à BREST, par contre la réparation navale brestoise est concernée par la section 2 (activités de confinement et de retrait de l’amiante) et la section 3 (activités et interventions sur des matériaux ou appareils susceptibles d’émettre des fibres d’amiante).

     

    Activités de confinement et de retrait de l’amiante

    Dé calorifugeage

    Dé flocage

    Activités et interventions sur des matériaux ou appareils susceptibles d’émettre des fibres d’amiante

    Travaux à bord

    Travaux d’entretien ou de réparation

    Travaux sur turbine, turbo alternateur, chaudières, bouilleurs, échangeurs

    Travaux en atelier

    Enlèvement de joints usagés

     

    Exceptions à l’interdiction de l’amiante jusqu’au 1er janvier 2002

    Les diaphragmes utilisés pour la production de chlore ainsi que la production d’oxygène dans les sous-marins à propulsion nucléaire.

    Les joints et garnitures d’étanchéité utilisés pour la circulation des fluides lorsque, à des températures ou pressions élevées, deux risques suivants sont combinés : feu, corrosion ou toxicité.

     

     

    PREVENTION DU RISQUE CANCEROGENE

     

    Article R.231-56- 1 à 12 du Code du Travail

     

    A - PREVENTION COLLECTIVE

     

    I - Mise en place de produits de substitution

    Les aspects législatifs sur les produits à base d’amiante et en particulier l’interdiction de les commercialiser à partir du 1er janvier 1997, ont amené les établissements à examiner les produits de substitution pour répondre à leurs besoins. Après avoir recensé les besoins et rédiger les spécifications techniques correspondantes, une sélection des produits de substitution a été réalisée et devrait permettre d’aboutir, après qualification technique obtenue, à un remplacement effectif des produits à base d’amiante par des produits sans amiante pour le 1er janvier 2002.

    En attendant cette substitution, les produits contenant de l’amiante sont stockés, manipulés et transportés dans des emballages hermétiques étiquetés de manière claire, nette et visible.

     

    II - Mise en pratique des mesures de prévention

    1) Préalablement au début des travaux :

    - Contrôle d’atmosphère dans les locaux par prélèvement ou par comptage à l’aide d’un FIBER CHECK, appareil permettant d’évaluer en temps réel le nombre de fibres présentes dans l’atmosphère, toutes fibres confondues.

     

    2) Pendant les travaux :

    Humidification des produits et matériaux avant démontage

    Pulvérisation de fixateur ou d’en capsulant type FOSTER 32-60

    Anormales :

    Par prélèvement et comptage en microscopie optique

    Par utilisation d’un FIBER CHECK.

    Cet appareil est utilisé après conseil pris auprès de l’INRS qui a confirmé l’intérêt de ce matériel pour répondre à l’obligation d’évaluation du risque, d’autant plus que le propos n’est pas de tolérer un empoussièrement proche de la limite légale de 100 fibres par litre, mais de détecter tout début de pollution et de corriger immédiatement la situation.

    Le seuil d’alerte, fixé à 25 fibres par litre, permet de conserver une marge de sécurité importante même si la mesure n’est pas rigoureusement exacte.

    La lecture instantanée des résultats permet de visualiser en direct l’intérêt des mesures de prévention et en particulier de la projection de surfactant.

    Les valeurs d’empoussièrement relevées sont généralement très inférieures à 10 fibres (toutes fibres confondues).

    L’étude commandée par le haut comité de prévention des risques professionnels afin de vérifier si les appareils de comptage de fibres pourraient éventuellement remplacer le comptage par la Microscopie Optique à Contraste de Phase (MOCP) et publiée récemment par l’INRS ne permet cependant pas de répondre à la question pratique : " les évaluations sont-elles convenables ? " ou encore " la marge de sécurité est-elle suffisante ? ".

    L’INRS contactée à nouveau incite à vérifier le calibrage de l’appareil régulièrement et à doubler des mesures par un prélèvement sur filtre et comptage au MCOP, ce qui a confirmé une sous évaluation aux limites de la sensibilité ( 1fibre au lieu de 2 ou 3 sur les prélèvements).

    3) Après les travaux :

    Les produits et matériaux démontés sont mis sous double enveloppe dans des sacs plastiques identifiés par le pictogramme " amiante ", éventuellement stockés sur une aire spécifique (STIFF) où ils sont conditionnés en " BIG-BAGS " avant d’être transportés par une société spécialisée et agrée vers une décharge de classe 1 (Champteusse sur Baconne).

    Un bordereau de suivi des déchets est fourni au propriétaire des déchets.

     

    B - PREVENTION INDIVIDUELLE

    Action d’information et de sensibilisation des travailleurs se déroulant sous la forme de stages d’une demi-journée

    Formation spécifique aux techniques à mettre en œuvre

    Equipements de Protection Individuelle :

    -Vêtements spéciaux combinaisons anti-poussières jetables avec cagoules, serrées aux poignets et chevilles type combinaison TYVEC, à capuches et sur-chaussures

    -Gants

    -Masques isolants offrant une protection du type FF P3 SL, ou masques à ventilation assistée type PHAMTOM

    Consignation sur un registre de toutes les entrées et sorties (noms, dates, et heures) ainsi que les résultats des mesures d’empoussièrement qui ont été réalisées.

    Etablissement d’une fiche d’exposition pour chaque travailleur concerné.

     

     

     

    SURVEILLANCE MEDICALE

     

    Si les actions réalisées au cours du tiers temps permettent d’aboutir à une évaluation du risque et à la mise en place de moyens de préventions adaptés, le colloque singulier est, quant à lui, l’occasion :

    A - Surveillance Médicale Spéciale

    La Surveillance Médicale Spéciale concerne les salariés actuellement en activité et exposés potentiellement au risque d’inhalation de poussières d’amiante.

    Si la sensibilisation aux risques liés à l’utilisation de l’amiante est désormais bien présent dans les esprits des salariés qui interviennent actuellement à bord des navires, il n’en était pas de même dans les années 60-70 lors de l’embauche des personnels les plus anciens.

    Une radiographie était habituellement pratiquée lors de la visite systématique annuelle des ouvriers de la défense. Une Exploration Fonctionnelle Respiratoire (EFR) était éventuellement prescrite par le médecin du travail.

    Pour les ouvriers du port de Brest, la mise en place d’une surveillance radio photographique tous les deux ans est retrouvée dans les dossiers médicaux depuis 1987. Elle s’est accompagnée d’une EFR avec courbe débit-volume à compter des années 1992-1993.

    Le suivi médical est actuellement fixé par l’Arrêté du 13 décembre 1996 portant application des articles 13 et 32 du décret n° 96-98 du 07 février 1996 qui détermine les recommandations et fixe les instructions techniques que doivent respecter les médecins du travail assurant la surveillance des salariés concernés par les risques liés à l’inhalation des poussières d’amiante. Par ailleurs existent des recommandations de suivi médical élaborées à l’occasion de la conférence de concensus du 15 janvier 1999 qui pose le problème de la réalisation d’un scanner thoracique.

    En pratique, le Service Médical de Prévention de l’arsenal de Brest fait réaliser les examens radiographiques par le service de radiologie de l’hôpital d’Instruction des Armées " Clermont Tonnerre " qui effectue des clichés numérisés "  face et profil " En cas de doute, un examen en tomodensitométrie centimétrique est réalisé pour confirmer ou infirmer l’anomalie observée sur le cliché standard.

    Le service de médecine de travail du port de Brest, quant à lui, fait appel depuis 1997 à un camion " radiographique pulmonaire " qui vient effectuer tous les deux ans et au chantier même les clichés standards, évitant ainsi une perte de temps, ce qui permet en deux jours de contrôler l’ensemble du personnel.

    Cette campagne radiographique concerne également les salariés d’autres entreprises qui ont été exposés à l’amiante et qui sont toujours suivis par le service.

    En cas de résultats douteux, la prise en charge des personnes est confiée aux confrères libéraux ou au centre de pathologies professionnelles.

     

    B - Surveillance Médicale Post-Exposition

    Compte tenu d’une utilisation importante de l’amiante dans la réparation navale au cours des dernières décennies, de nombreuses personnes encore en activité ont été exposées au risque " amiante " au cours de leur vie professionnelle et bénéficient du même suivi médical en ce qui concerne les examens complémentaires (Radiographie pulmonaire, EFR, TDM)

    Cette surveillance médicale post-exposition devra être poursuivie encore plusieurs années, car si l’utilisation de l’amiante est désormais interdite et si les exceptions à l’interdiction de son utilisation vont prochainement disparaître, il n’en demeure pas moins que dans la réparation navale, le risque d’exposition potentielle aux poussières d’amiante ne disparaîtra que dans de nombreuses années.

     

     

    C - Départ anticipé en retraite

    L’arrêté du 07.07.2000 en application de la loi du 29 décembre 1999 et du décret du 29 mars 2000 a fixé la liste des établissements et des métiers de la construction et de la réparation navale susceptible d’ouvrir le droit à l’allocation de cessation anticipée d’activité liée à l’exposition à l’amiante.

    La plupart des entreprises brestoises sont concernées par cette législation qui permet aux bénéficiaires de partir en retraite de manière anticipée dès 50 ans,

    la réduction du temps de travail correspondant au tiers du temps d’exposition au risque amiante.

    A ce jour, ce sont 48 salariés de la même entreprise qui ont quitté en huit mois leur activité avec inévitablement pour conséquence une perte de savoir-faire pour celle-ci. Ces personnes sortent du cadre de la médecine du travail et deviennent bénéficiaires du suivi post-professionnel prévu par l’article D.461-25 du code de la Sécurité Sociale et relatif au suivi médical des personnes ayant été exposées à des agents cancérogènes.

     

     

    D - Surveillance Médicale Post-Professionnelle

    Au moment du départ à la retraite, une attestation d’exposition au risque est remplie par l’employeur et le médecin du travail afin que le salarié puisse bénéficier de la surveillance médicale post-professionnelle.

    C’est l’occasion pour le médecin du travail de transmettre au médecin traitant désigné par le salarié conformément aux prescriptions de l’arrêté du 06 décembre 1996 :

    C’est aussi l’occasion pour le médecin du travail de répondre aux interrogations du retraité surtout face à la multitude d’informations transmises quotidiennement par les médias.

    Cette surveillance médicale est prise en charge par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) et les dépenses correspondantes sont imputées sur le Fonds national d’Action Sanitaire et Sociale.

    Une démarche similaire est actuellement en cours et devrait être prochainement concrétisée au sein du Ministère de la Défense.

     

     

    CONCLUSION

     

    Le rôle prépondérant de la contamination respiratoire a donc été incriminé dans les cancers professionnels étudiés : sur les 35 cancers reconnus en 1998, 1999 et 2000, dans la réparation navale brestoise, 34 sont pleuro-pulmonaires, attribués à l’amiante et aux brais de houille, le cancer ethmoïdal étant du aux poussières de bois.

    Les effets cancérigènes des toxiques professionnels se manifestent plutôt après l’âge de 50-60 ans et atteignent de nombreuses spécialités professionnelles travaillant souvent en co-activité à bord.

    Quant à la durée d’exposition, elle peut être brève puisque 3 patients sur 8 atteints de mésothéliomes l’avaient été avant 10 ans d’exposition à l’amiante, alors que les durées d’exposition pour les cancers broncho-pulmonaires peuvent aller de 10 à 40 ans.

    Le problème de l’amiante en France n’a pas été résolu du fait de son interdiction d’emploi en 1997, le nombre de maladies professionnelles n’a pas encore fini de croître à l’avenir.

    Face à cette pathologie atteignant les retraités, l’information et la sensibilisation des médecins traitants doit être menée pour qu’ils puissent interroger leurs patients sur leur histoire professionnelle même lointaine.

    Les déclarations de maladies professionnelles et les indemnisations de ces états seront alors grandement améliorées.

    L’amiante, du fait du long délai d’apparition de sa pathologie, reste un des principaux sujets de préoccupation des médecins du travail souvent désarmés face à l’ampleur et à la complexité du problème en particulier en ce qui concerne les travaux relevant de la section 3 du décret n° 96-98 du 07/02/1996.

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    08/06/05